Years Of Denial

Years Of Denial

Comment puis-je vous présenter ce projet sans entrer dans une multitude de détails tous plus intéressants les uns que les autres? 
Plus j’obtiens d’informations et plus ma mission de vous en faire un résumé se complique!

Je vais donc commencer par une partie de ma conclusion pour essayer de vous en donner l’image la plus réaliste possible.



Years Of Denial c’est un projet électronique qui voyage entre différents styles savamment entremêlés, en constante évolution et qui prend sa respiration au fil des rencontres, des partages et des moments souvent furtifs et incapturables entre artistes. 
Un titan sonore avec un pied dans chaque monde, celui de l’éphémère étant sans doute son favori. 
Et si vous voulez le capturer pour un court moment, vous devrez entrer dans la beauté frêle et temporaire de leur live pour vous en faire une idée précise.

En effet, la majorité des productions de Jérôme Tcherneyan ne verra jamais le jour en tant que réalisation physique, la majorité de ses travaux liés à ce projet ne se laisse capturer, pour l’instant, qu’en live.
Le parcourt de Jérôme Tcherneyan, musicien-producteur et DJ, est riche en expériences multiples et en rencontres. 
Depuis la fin des années 80 il participe à plusieurs projets en tant que batteur tout en étudiant le Jazz, et les percussions brésiliennes entre 1992 et 1996.
A ce moment, Jérôme se laisse porter par des sons Dark New Wave, et à ma grande surprise, apprécie aussi des projets tels que Public Enemy, Scorn ou encore Techno Animal. Alors déjà, un véritable triangle entre les différents styles et influences s’installe!

Mais comme si cela ne suffisait pas, à la fin des années 90, il dépose partiellement ses baguettes et se jette dans l’expérience électronique.

En 2000 Jérôme, français d’origine, déménage à Londres  pour y rejoindre le groupe de ghost-rock franco-anglais, Piano Magic. 
Il participera à un nombre impressionnant de productions avec ce groupe entre 2001 et aujourd’hui.

C’est à ce moment que les rencontres se multiplient, ses compétences sont reconnues par de grands artistes tels que Brendan Perry (Dead Can Dance), Simon Raymonde (Cocteau Twins/This Mortal Coil), Bonjo Iyabinghi Noah (African Head Charge), Alan Sparhawk (Low), Damo Suzuki (Can), Mark Fry et Oliver Ho avec lesquels il collabore. Son nom apparaît alors dans une multitude de différents projets  et son aptitude à passer d’un style à l’autre se développe encore.
En 2001, il sort une première production solo sous un premier pseudonyme, Risky Music, avec le single « Paradox« , malheureusement introuvable sur le net.
En 2005 il crée et développe Flesh, une série d’évènements à Londres au court desquels il invite des artistes tels que Andy StottClaro Intelecto / Edit-Select / James Ruskin / Kirk Degiorgio / Mark Broom / Oliver Ho / Sigha / Steve Bicknell. 
C’est à ce moment et durant ces innombrables soirées que Jérôme va expérimenter et développer ses propres productions électroniques.

Soulignons maintenant deux rencontres très importantes pour vous parler du projet présent.
Oliver Ho, connu pour ses excellents dj set, mais également connu pour ses projets Broken English Club, Raudive, Zov Zov et j’en passe… va certainement jouer un grand rôle dans la présente évolution artistique de Jérôme.
Le premier Ep, Blood Debts, de Years Of Denial sera d’ailleurs produit en Décembre 2016 chez Death&Leisure records, le label d’Oliver Ho.
Un projet aux consonances Industiel – EBM – Techno – Breaks – Experimental – Rythmic – noise
Mais j’y reviendrai…

Lien Bandcamp vers  » Blood Debts »

Mais la rencontre qui, à mon sens, dessine avec élégance et caractère la particularité du projet présent se fait au court de l’été 2016 alors que Jérôme se produit dans un évènement organisé par Kaos London et se trouve sur le même Line up que Barkosina Contradictions.

Barkosina est une artiste qui trouve sa véritable forme d’expression artistique au travers de performances théâtrales en 2012, lorsqu’elle entame des études universitaires à Londres dans ce domaine.
Mais cette jeune artiste arrive à Londres avec un bagage artistique déjà très riche, peu commun et très diversifié.
Dès son plus jeune âge, elle est en contact permanent avec différentes formes d’expressions artistiques. Et si mon sentiment reçu au travers des lignes que j’ai pu échanger avec elle est juste, Barkosina est une jeune femme au caractère trempé et d’une détermination peu commune, qui a choisi l’art comme moyen d’expression, de réflexion, voire de revendication et non comme étant un moyen existentiel.
Pour autant, le monde de la musique ne lui est pas inconnu. Elle grandit en étroite relation avec la scène underground de la République Tchèque sous un régime communiste. Je vous laisse deviner la suite!!
Elle est intéressée par le mouvement politique qui se cache derrière certains styles de musique tels que les free raves ou le mouvement Punk qui, pour elle, sont créés pour une raison précise. Un cri poétique de désaccord et de sentiments par rapport à la façon dont notre société fonctionne.
Durant ses années universitaires, Barkosina découvre un studio dans l’enceinte de l’université et elle animera une émission 3 ans durant. Elle découvre alors des artistes tels que Muslimgauze, Demdike Stare, Mick Harris et Spacemen 3.
Mais son activité en tant que Dj débute lorsqu’elle se procure une carte son et commence alors à faire ses propres mixs pour Kaos London.
Le théâtre  n’en reste pas moins l’une de ses activités principales.
Sa rencontre avec Jérôme va lui permettre de développer ses performances avec un appui sonore de qualité. Ils décident de travailler tous deux sur ce projet et après quelques performances livrées ensemble, l’évidence qu’ils peuvent faire plus apparaît aux 2 artistes. Jérôme lui propose alors de développer le projet Years Of Denial en mélangeant la poésie à sa musique.

Barkosina et Jérôme ont des compétences très différentes mais aussi très complémentaires.
Je pense que ce qui crée la force et la particularité du projet est l’absence complète de la recherche de buts à atteindre. 
Tous deux sont plus intéressés par le processus de réalisation et les expérimentations que par le résultat en lui-même. 
Et cette absence de recherche d’orientation leur laisse toutes les libertés nécessaires, et sans le vouloir sans doute, leur permettent de créer un style jusqu’ici inconnu de nos oreilles.
Il y a donc une grande part d’improvisation dans leurs lives, des moments uniques qu’ils partageront avec vous. Des moments qui, ils l’ont bien compris, sont difficiles à capturer et
 c’est ce qui les rend merveilleux.
Je pense qu’ils attachent tous deux beaucoup d’importance à la vérité et la spontanéité du moment. Tout comme pour le titre  » we operate on each other » sur le 12 » tout frais sorti chez Death&Leisure records. Barkosina n’a fait qu’une et unique prise voix pour ce titre! Et ce, afin de figer l’instant présent.

Lien commercial vers le Ep. Clip audio ( l’écoute n’est pas encore disponible en entier ) 
https://www.juno.co.uk/products/years-of-denial-maenad-veyl-split-12/674562-01/

Figer l’instant présent, c’est déjà ce que fît Jérôme en 2013 et qui donnât naissance au projet.
Levons maintenant le voile sur Blood Debts, et sur une confusion qui aurait pu s’installer auprès des personnes qui suivent les activités de Years Of Denial depuis la sortie de ce Ep.
Pour nous, cette sortie est récente ( Décembre 2016 ). Mais on a beau essayer de se tenir informés sur ce que font les artistes, la réalité est souvent tout autre!
3 ans séparent un moment capturé dans un studio de Londres et la réalisation physique de ce magnifique Ep.
En 2013, Jérôme fige la voix de Maja Petrovna durant une improvisation furtive dans les studios Ark of Noise, de la capitale.
L’idée de travailler avec sa voix lui plaît. Il s’en sert comme point de départ et l’atmosphère que nous connaissons sur prend forme autour des compositions de Jérôme.
Mais les titres choisis par death&leisure records prendront un moment avant de nous être proposés.Entretemps Jérôme évolue et fait des rencontres.
Son projet sonne alors complètement différemment quand il entame une série de lives à Londres et en France avec Barkosina début 2017.
Mais comment deviner que Blood Debts sortait d’une autre époque lorsqu’on nous l’a proposé?
Vu d’ici et en tant que supporter à distance,  tout cela m’a paru bien confus. Partager ces informations m’a donc semblé être important.Ce que Years Of Denial vous propose aujourd’hui c’est le résultat d’un long apprentissage, du désir d’explorer de nouveaux horizons au travers « d’erreurs » arrivées par miracle.
En live, ce sera tout, sauf ce que vous avez déjà entendu.
Jérôme vous emmènera sur des rythmiques stables et structurées mais aussi dans l’évasion subtilement narrative de ses compositions drone-ambient-noise.
Barkosina sera votre guide. Sa présence vous suggèrera un chemin mais sans jamais vous l’imposer.
Ce duo a quelque chose de mythique, difficile à faire passer au travers d’un texte.

Lien vers un podcast live soundcloud

Bien que ce podcast pour Grey Area Agency, nous dépeint un univers drone – Ambient – experimental, le duo adapte ses performances en fonction de l’endroit où il se produit.

Je ne saurais que trop vous recommander de jetter un oeil ainsi que vos deux oreilles sur cet extrait live du 25/02/2017 pour Kaos London afin de vous faire une idée des atmosphères beaucoup plus dance – techno – break qu’ils proposent aussi.

Lien Youtube vers « Years of Denial live Kaos London »

Quelques mots encore sur les projets physiques Years Of Denial dans un futur proche, et pour faire suite à la récente sortie de leur Ep Confess en collaboration avec Alexey Volkov sorti chez Kheima records en septembre dernier (label crée par Kaos London).
Un titre aux consonances EBM – Techno – dark wave, qui à mon sens laisse bien entendre l’amitié installée entre Jérôme et Oliver Ho.
Le duo continue actuellement à collaborer avec ce label ainsi qu’avec cet artiste pour nous proposer d’autres réalisations.
Et je me suis laissé dire qu’une collaboration entre Jérôme et Oliver Ho était également en cours! Là, j’attends ça avec impatience!

Lien vers « Confess« 
Conclusion :
Il est difficile de se faire une idée précise de ce qu’il se passe sur la scène Londonienne en s’appuyant uniquement sur les réalisations physiques qui ne dévoilent qu’un très petit pourcentage de l’évolution underground.

Alors, si ces deux papillons de nuit survolent votre région un jour, je ne saurais que trop vous conseiller d’aller vous imprégner de l’atmosphère normalement réservée à un nombre restreint de privilégiés à Londres.

Yasmine Van Houten

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