Aphex Twin

Aphex Twin

Syro

(Warp)

Il n’est jamais aisé de parler d’un artiste culte, qui après 13 ans de silence radio, revient sur le devant de la scène avec un nouvel opus. En effet, depuis son radical Drukqs sorti en 2001, l’homme aux multiples pseudos Richard D. James, plus connu sous celui d’Aphex Twin n’avait plus rien offert à se mettre entre les oreilles, en dehors de sa compilation 26 Mixes For Cash et sa série de vinyles Aanalord. Depuis, beaucoup de choses nouvelles sont apparues sur les terres des musiques électroniques et on se demande un peu comment juger Syro que tout le monde attend comme le retour du Messie. Disons le tout de suite, Aphex Twin ne révolutionne pas l’histoire de la musique. Il reprend les choses là où il les avait laissées dans les années 90, soit des tracks aux rythmiques déjantées et aux soudains changements de directions, avec cette habileté démoniaque qui le caractérise. La production exigeante, offre un son taillé dans la dentelle, avec une multitude d’éléments hétéroclites surgissant de part et d’autre, pour repartir comme ils sont venus. Aphex Twin nous fait à travers Syro, un petit récapitulatif de son savoir faire, du 8bit en passant par la rave, le breakbeat ou des bribes de jungle, le tout rattaché à des sons techno ancrés dans une certaine époque. La petite nouveauté en fait, réside dans l’intégration d’éléments plus « pop », ainsi que l’apparition de vocaux trafiqués, déjà expérimenté tout de même, lors de Windowlicker. Les basses aux contours parfois jazz rock, ne sont pas sans rappeler son grand ami Squarepusher. C’est certainement avec humour qu’il fait un clin d’oeil à la new wave, à l’image de CIRCLONT6A  [syrobonkus Mix] et de son synthé résonnant comme une guitare piquée à The Cure. Aphex Twin fait du Aphex Twin, agrémenté de petites évolutions qui ne changent pourtant pas foncièrement grand chose à l’univers qui est le sien, ce qui devrait ravir les fans de la première heure et offrir à ceux qui le le connaitraient pas encore, le loisir d’aiguiser leur curiosité. Avec Syro, l’artiste semble retourner à ses racines, celles qui ont fait de lui ce qu’il est aujourd’hui : un artiste à part dont la musique enlevée, singulière et tout de suite identifiable, propose à la poésie de côtoyer une certaine forme de schizophrénie créatrice. Un album qui pourtant pose problème, de par sa volonté ou non de ne pas être très innovant, ressemblant plus à un best-of habilement élaboré à coups de titres sortis des fonds de tiroirs et brillamment remasterisés, histoire d’amorcer/annoncer son retour aux affaires. On espère que ses prochaines sorties sonneront un peu moins datées. Futur ne rimant pas avec nostalgie.

Roland Torres

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