Tricky

Tricky

False Idols

(False Idols / La Baleine)

tricky_falseidols

C’est de la plus belle des manières que Tricky revient sur le devant de la scène, avec un nouvel album False Idols. Depuis son premier opus Maxinquaye qui l’avait littéralement inscrit comme un des artistes majeures des années 90, aux cotés de gens comme Chemical Brothers, Prodigy, Massive Attack, dont il hantait les productions de sa voix susurrée, Tricky s’était quelque peu égaré en route, l’ennui, c’est lui qui le dit, lui faisant prendre des routes tortueuses qui ne collaient pas avec son talent. C’est entouré de voix féminines que Tricky donne le meilleur de lui même, à l’image des nouveaux tracks qui composent False Idols aux atmosphères de trip hop moite et de groove tentaculaire aux rythmiques rampantes, sur lesquelles Francesca Belmonte (fidèle collaboratrice depuis quelques années) et la chanteuse germano-nigériane Nneka Egbuna font des merveilles, appuyées par la voix en recul de Tricky himself. Pour marquer fortement son retour, l’anglais n’hésite pas à donner dans la reprise qui déboite les sens et ce dès le début du disque avec Somebody’s Sins cover retravaillé du titre Gloria de Patti Smith et composé à l’origine par Van Morrison. Pour ne pas être en reste, il reprend Valentine, le célèbre track de Chet Backer, Funny Valentine, pour en offrir une virée hantée, accrochée dans notre époque. Ajoutons à cela, sa version explosive de Parentheses, de la formation The Antlers, faisant appel au chanteur originel Peter Silberman, pour réinterpréter un des sommets de l’album, avec ses rythmiques poisseuses et ses déflagrations de guitares. Mais Tricky sait aussi faire preuve de délicatesse, à l’image de l’aérien Chinese Interlude interprété par Fifi Rong, virée world pop dans un Japon aux cerisiers en fleur. Tricky n’est jamais aussi bon que lorsqu’il donne dans l’économie de moyens, faisant la part belle aux beats froissés et aux basses qui grondent et feulent enrobés de mélodies sombres, habillées d’une noirceur endémique qui donne le tournis. Avec False Idols, Tricky renoue avec les démons créatifs de ses débuts, renaissance d’un Phénix capable de sombrer dans les profondeurs pour renaitre de ses cendres avec une ardeur créative décuplée.

Roland Torres

Site : www.trickysite.com

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