Mandy, Indiana
URGH
(Sacred Bones)
En 2023 la formation cosmopolite Mandy, Indiana nous avait scotché avec leur premier album i’ve seen a way. Aujourd’hui avec URGH, au titre claquant comme un slogan taggé sur un drapeau noir, ils inscrivent définitivement leur nom dans les annales avec ce qui pourrait être un des albums de l’année, tant sa personnalité brute et ses textes simplistes aux allures d’appel à la révolution résonnent à l’envie sur des murs crépis du sang de notre folie.
Produit par l’incontournable Daniel Fox, producteur spécialisé dans la radicalité, et bassiste du groupe sans-concession Gilla Band, URGH est habillé d’un écrin de papier de verre qui gratte dans le sens contraire du poil. Tous les potards sont poussés dans le rouge jouant avec les limites sans pour autant être rebutant, ce qui l’album d’uatant plus imparable.
Les basses énormes, les guitares saturées et les kicks abattent les murs de l’uniformisation, sur lesquels la voix de Valentine Caulfield promène ses mots entre rage et appel à l’insurrection, déblatérant ses textes avec une conviction communicative, invitant l’immense billy woods (Armand Hammer) à venir rapper sur le très électrifiant Sicko.
Album aux ramifications tentaculaires, alliant noise, indus, électronique, expérimentations diverses, rock et j’en passe, URGH est sans conteste la musique qui mériterait de faire vaciller les pouvoirs anti-démocratiques cherchant à déstabiliser notre monde. Vital.
Roland Torres
Link: mandyindiana.bandcamp.com/album/urgh
