Fuck Buttons
Slow Focus
(ATP / La Baleine)
Plus radical que Fuck Buttons, tu meurs ! En effet, quatre ans après un Tarot Sport qui en aura mis plus d’un sur le cul et une apparition plus que remarquée lors des derniers Jeux Olympiques à Londres, le duo revient avec un objet sonore sans concession, qui emmène les machines sur des cimes de violence contenue aux déflagrations sonores étourdissantes. Si pour ceux qui connaissent le travail de Benjamin John Power et Andrew Hung alias Fuck Buttons, les choses ne semblent pas avoir beaucoup changé, mélangeant comme à l’accoutumée distortions et saturations électroniques à l’envie, c’est lorsqu’on aborde Slow Focus avec une oreille plus attentive que l’on perçoit l’évolution depuis leurs débuts. Leurs tracks laissent un sentiment de minimalisme corrompu aux montées anxiogènes dévastatrices, jouant avec les mélodies à coups de parasitages abrasifs et de dynamitages rythmiques incandescents, déversant un suc post-apocalyptique au plus profond de nos enceintes au bord de la rupture, qui semblent pourtant en redemander à chaque passage. Si Andrew Weatherall n’est plus présent à la production, Fuck Buttons s’en donne à coeur joie pour désarrondir les angles et pousser les potards dans le rouge, oeuvrant sur des terres excitantes où tout semble définitivement permis, entrainant le dancefloor sur des dalles aux vibrations telluriques happantes gorgées de drone noisy et d’électronique expérimentale. Le duo crée une musique aux croisements de deux siècles où la grandiloquence se mue en colère, poésie d’un troisième millénaire ravagé par un jusqu’au boutisme salvateur, l’Enfer devenant Paradis.
Roland Tores
Site : http://www.fuckbuttons.com

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